« Les patients souhaitent pouvoir bénéficier de thérapies mixtes associant des traitements classiques et des médecines complémentaires. »

augustin1Dans le post d’aujourd’hui, nous vous proposons une interview d’Augustin de Livois qui assume la Direction de l’Institut pour la Protection de la Santé Naturelle (IPSN) et dont l’objectif est de veiller, informer et défendre la médecine naturelle.

1. Comment est née l’idée de la création de l’Institut pour la Protection de la Santé Naturelle (IPSN)?

Ce sont des médecins qui m’ont poussé à créer l’Institut pour la Protection de la Santé Naturelle. Ils savaient que j’étais avocat de formation et que je défendais en tant que « lobbyiste indépendant » des causes qui me tenaient à cœur. Ils m’ont convaincu de consacrer mon temps et mon énergie à défendre les médecines naturelles qui sont très attaquées et peu défendues.

C’est vrai en ce qui concerne  l’homéopathie qui, malgré son succès auprès des patients, est régulièrement menacée par des déremboursements massifs de ses remèdes, mais c’est le cas aussi de l’herboristerie qui est interdite en France depuis 1941, ou de la médecine chinoise qui n’est pas reconnue.

D’autres domaines sont méprisés et considérés comme accessoires malgré leur importance vitale pour la santé : la nutrition par exemple n’est pas enseignée aux médecins malgré son importance dans la lutte contre les maladies telles que le cancer, le diabète ou les maladies cardiaques.

Le projet a pu se faire grâce à différents soutiens tels que celui de Santé Nature Innovation, une société d’édition dans le domaine de la santé, ou des herboristes dont Michel Pierre, et Jean François Astier (Natura Mundi).

2. Quels sont ses objectifs ?

L’IPSN défend les médecines complémentaires et alternatives. Notre action est militante, constructive et scientifique. Nous lançons des alertes santé grâce à des pétitions citoyennes comme celle récente en soutien à Emmanuel Giboulot, viticulteur en Bourgogne, poursuivi pour avoir refusé d’épandre des pesticides sur ses vignes cultivées en biodynamie. Nous avons également dénoncé les conflits d’intérêt entre l’administration et l’industrie pharmaceutique, la législation sur les allégations de santé pour les compléments alimentaires. Le but de ces campagnes est de sensibiliser le public et de peser sur les autorités pour qu’elles agissent dans le bon sens, c’est-à-dire la santé de tous.

3. 75 % de la population en France a eu recours au moins une fois à des traitements complémentaires (Source: OMS). Pour quelles raisons les patients optent-ils pour ce type de traitements ?

Dans le fond, si les consommateurs de santé utilisent des traitements complémentaires et alternatifs, c’est qu’ils sont convaincus de leur efficacité.

Je vois quatre raisons possibles à cela :

1/ ils ont eux-mêmes constaté les bienfaits des traitements ; ou

2/ leur prescripteur (médecin, pharmacien, naturopathe, ostéopathe etc.) leur a conseillés

3/ leur entourage (famille notamment) leur a conseillés

4/ ils ont découvert ces traitements en effectuant des recherches (Internet, livres, conférences, revues etc.)

4. A quels défis doit faire face la médecine naturelle actuellement ?

Globalement, les médecines naturelles ont besoin de compétence, de structuration et de reconnaissance. A cela, il faut ajouter, comme pour la médecine classique un besoin constant d’études et de recherche.

Mais toutes les approches thérapeutiques n’en sont pas au même niveau et n’ont donc pas les mêmes défis à relever. Dans le domaine de la nutrition par exemple, les bienfaits de l’alimentation méditerranéenne pour la prévention des maladies cardio-vasculaires ont été démontrés : l’étude de Lyon menée par l’équipe du Dr Michel de Lorgeril et les études qui ont suivi sont reconnues dans le monde entier !

Du côté des herboristes, les écoles ont commencé à unir leurs forces et nous avons annoncé la création d’une Fédération des Ecoles d’Herboristerie lors de la deuxième édition du Congrès des Herboristes qui a eu lieu à Lyon cette année.

L’ostéopathie a été reconnue récemment (2007), mais les débats sur la compétence et le champ d’application de la discipline sont encore nombreux.

Et on recense près de 400 médecines ou approches thérapeutiques naturelles…

De manière générale, donner plus de liberté aux praticiens de santé et renforcer la qualité et la diversité des formations ferait du bien au secteur.

5. Comment voyez-vous le futur de la médecine naturelle ?

Malgré la méfiance et parfois les attaques réglementaires ou administratives dont elles font l’objet au niveau institutionnel – et plus particulièrement en France – les médecines naturelles se portent bien. Elles sont plébiscitées par le grand public et en plein essor. Par ailleurs, les scandales sanitaires récents (médiator, H1N1) ont montré les limites du système de santé actuel et du « tout médicament ». Les patients souhaitent pouvoir bénéficier de thérapies mixtes associant des traitements classiques et des médecines complémentaires.

Enfin, l’apparition de nouvelles maladies change la donne car parfois les médecines naturelles sont les seules à pouvoir proposer des solutions pour certaines pathologies.

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